31/12/2011
Quand la musique nous parle...Bonne Année!
Rodrigo Joaquin
1901-1999

Ses doigts d'or dont leur charme musical fut connu (dégusté) par beaucoup de Suisses comme par l'Europe et le monde entier notamment le monde arabe sont connus comme lui, il vient d'être choisi parmi les compositeurs les plus connus du siècle dernier...Son célèbre morceau qui vient de naitre au fond d'une âme amoureuse et tolérante naquit dans une maison ayant été bâti par des ondes arabes au Moyen-âge..."Concerto de Aranjuez".
A tous les lecteurs et les bogueurs de la TDG...Bonne et joyeuse Année 2012.
Biographie/ Né à Sagunto, le 22 novembre 1901 - mort à Madrid le 6 juillet 1999.
Devenu aveugle à l'âge de 3 ans, des suites de la diphtérie, il commence très jeune, des études musicales. Il prend des leçons avec Francisco Antich à Valence (composition, harmonie), Enrique Gomá, Eduardo López Chávarri (de 1917 à 1922), R. Ribes (piano).
En 1927, il séjourne à Paris, et devient un des élèves de Paul Dukas à l'École Normale de Musique.
Il se marie en 1933 à Valence avec la pianiste Victoria Kamhi, et retourne, grâce à une bourse, à Paris, pour compléter ses études au Conservatoire et à la Sorbonne.
Il travaille en France, en Allemagne, en Autriche et en Suisse, et se fixe à Madrid en 1939. Il est reconnu en 1940, après le succès de la création de son premier concerto, «Concierto de Aranjuez », pour guitare.
Tout en composant de nombreuses œuvres, il mène une carrière de critique musical. Il a travaillé à la Radio Nationale d'Espagne, et pour l'Organisation Nationale Espagnole des Aveugles.
En 1947, on crée pour lui la « Chair Manuel de Falla », à l'Université de Madrid. En 1949, il est en Argentine. En 1950, il est admis à la « Real Academia de Bellas Artes de S Fernando ».
En 1953, il reçoit la « Gran Cruz de Alfonso X el Sabio », la même année il fait une tournée en Turquie, reçoit en 1963, la Légion d'Honneurs en France. Il est reçu Docteur honoris causa de l'Université de Salamanque en 1964.
Il est à nouveau en Turquie en 1972, Au Japon en 1973. En 1978, il prend le siège laissé vacant par Benjamin Britten àl' Académie Royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique. En 1982, il est docteur honoris causa de l'University of Southern California. En 1986, il est au Mexique.
En 1988, il est docteur honoris causa de l'Universidad Politécnica de Valence, de l'université d'Alicante en 1989, et d'Exeter en 1990.
En 1992, le roi Juan Carlos le consacre, avec son épouse, dans le titre de « Marqueses de los Jardines de Aranjuez », et il reçoit le Premio Príncipe de Asturias de las Artes, en 1996.
Il laisse 170 compositions, dont 11 concertos, de nombreuses œuvres chorales et orchestrales, 60 chansons, des pièces pour piano, et pour guitare. Ses écrits sont publiés en 1999.
Catalogue partiel des œuvres
- 1923, 2 esbozos, pour violon et piano
- 1923, Suite, pour piano
- 1924, 5 piezas infantiles, pour orchestre
- 1926, Zarabanda lejana, pour guitare
- 1926, Preludio al gallo mañanero, pour piano
- 1929, Siciliana, pour violoncelle et piano
- 1930, Zarabanda lejana y villancico, pour orchestre
- 1934, Cántico de la esposa, pour 1 voix avec piano ou orchestre
- 1934, Per la flor del lliri blau, pour orchestre
- 1935, Tríptic de Mossèn Cinto, pour 1 voix et orchestre
- 1938, 4 piezas, pour piano
- 1939, Concierto de Aranjuez, pour guitare et orchestre
- 1939-1942, Por los campos de España, pour guitare
- 1942, Concierto heroico, pour piano et orchestre
- 1943, Concierto de estío, pour violon et orchestre
- 1944, Capriccio, pour violon
- 1946-1954, 4 estampas andaluzas, pour piano
- 1948, 4 madrigales amatorios, pour 1 voix et orchestre
- 1948, Ausencias de Dulcinea, pour baryton, 4 sopranos, et orchestre
- 1949, Concerto in modo galante, pour violoncelle et orchestre
- 1950-1951, 5 sonatas de Castilla con toccata a modo de pregón, pour piano
- 1951, Diez canciones españolas, pour 1 voix et orchestre
- 1952, 3 villancicos, pour 1 vois, piano ou guitare
- 1952, Concierto serenata, pour harpe et orchestre
- 1953, Música para un códice salmantino, pour Baryton, et quatre voix, orchestre
- 1953, Soleriana, pour orchestre
- 1954, 3 piezas españolas, pour guitare
- 1954, Fantasía para un gentilhombre, pour guitare et orchestre
- 1955, Pavana real, ballet, sur un argument de V. Kamhi
- 1957, Música para un jardín, pour orchestre
- 1960, Tonadilla, pour 2 guitares
- 1961, Invocación y danza, pour guitare
- 1963, Cánticos nupciales, pour 3sopranos et orgue
- 1963, Sones en la Giralda, poue harpe et orchestre
- 1964, El hijo fingido, zarzuela, d'après Lope de Vega
- 1965, Himnos de los neófitos de Qumrán, pour 3 sopranos, ténor et basse, orchestre
- 1965, 4 canciones sefardíes, pour 1 voix et piano
- 1965, Cantos de amor y de guerra, pour 1 vois et orchestre
- 1965, Rosaliana, pour 1 voix et orchestre
- 1966 Concierto madrigal, pour 2 guitares et orchestre
- 1966, Adagio, pour vents
- 1966, Sonata pimpante, pour violon et piano
- 1967, Concierto andaluz, pour 4 guitares et orchestre
- 1969, Sonata a la española, pour guitare
- 1970, Sonata giocosa, pour guitare
- 1971, Con Antonio Machado, pour 1 voix et piano
14:29 Publié dans Art et Musique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note |
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28/12/2011
La note la plus commentée 2011: "Les commentaires répétés...le conflit se continue!"
Avant de créer ce blog "Palestine...savoir sa vérité" au mois d'Aout dernier, les lecteurs notamment ceux qui fréquentaient régulièrement mon blog savaient que mes ex-blogs (savoirlavérité.blog.tdg.ch/ savoir-la-verite.blog.tdg.ch) étaient censurés à plusieurs reprises (!). L'un d'eux s'est caché au mois du lancement du blog récent.
Cette fois-ci, où l'an 2011 s'approche à sa fin, j'ai choisi la note qui fut la plus commentée (nombre de commentaires (125))
Article publié le 29/06/2011 à 13:43 sur Savoir-la-vérité
Avant d'écrire cet article, j'ai relu d'abord tous les commentaires de la note précédente(dommage que vous n'aurez pas la possibilité de le lire à cause d'une censure/ LIRE ICI)*. Ainsi, j'ai pu constater que la plupart de ces commentaires dont leur auteur est celui de Corto, sont presque répétés. Le débat s'oriente comme d'habitude vers d'autres sens à celui que j'ai fixé sur le blog et dans lequel les idées évoquant déjà le thème Palestinien...
Ce point de vue est partagé par quelques lecteurs et apparu à travers quelques avis venus des commentateurs(trices) que je les respecte bien:
"Je suis frappée de voir la répétition des arguments des pro-politique d'Israël.
Ils mettent en avant la bien meilleure situation des richesses des Palestiniens de Cisjordanie alors que tant de Palestiniens paient cher ce "développement" et souffrent de voir des colonies être construites devant leurs yeux et sur leurs terrains avec des colons qui prennent facilement le droit de leur tirer dessus." Mme M-F de Meuron.
Est-ce que le conflit, qui est en cours en Palestine entre deux adversaires qui se diffèrent complètement en termes de la force de chacun d'eux est le sujet qui ne dispose pas de place pour plus d'idées et de discussions?
Allons donc vers un débat où l'argument se base sur la réalité pour arriver au point de dévoiler au moins une vérité qui reste espérée!!
Des uns constatent qu'au moment où certains plumes osent désormais avouer que critiquer l'état d'Israel n'est devenu plus un sujet Tabou, les pro-Israeliens qui se croyaient que leur état est l'unique démocratie au proche orient n'ont pas pu absorbé ce changement que connaît la région dont Israel considéré comme entité qui contient un mélange de personnes avec des objectifs physiques, qui n'ont rien à voir avec l'héritage hébraïque.
Au fond de cet amalgame il serait donc aussi difficile pour ces dirigeants de croire que leur politique risque d'être " obsolète " dans la mesure où ce monde arabe dont Palestine est son noyau avance rapidement vers un changement historique...
Peut-on nier que Israel que se soit une démocratie, monarchie ou autocrate reste une colonisation qui s'était mise en place depuis 1948?... Question cache dedans une réponse pareille!!!
D'un autre coté, des pro-israeliens jouent le joue du chat et la souris, à travers la politique du chaos créatif (ou mettre le TOUT dans un seul panier) en impliquant une idée avec d'autres comme le cas de ce commentaire (d'un pseudo dit gerardh)
"Je doute que les israéliens considèrent la population gazaouit comme terroriste. Si c'était le cas, ils riposteraient en tirant dans le tas, un peu comme Assad ou Khadaffi sur leurs propres population.Non, ils visent les chefs et les gens en armes.
Aujourd'hui 26 juin, les Taliban ont envoyé une fillette de 8 ans avec un sac vers des policiers en Afghanistan et l'ont faite sauter à distance."
Quels est le rapport entre ces régimes dont leurs politiques se différent complètement et la souffrance des Palestiniens sous la gouvernance des Sionistes, cela n'est certainement qu'une forme de jeter de la poudre aux yeux.
Rappel: Merci de respecter les règles fixées par la Tribune de Genève qui nous héberge: soyez courtois, concis, pertinent et signez votre commentaire! Au plaisir de vous lire.
*
18:41 Publié dans Palestine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : savoir |
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24/12/2011
Ankara, Paris ...entre l'histoire et la mémoire coloniale !
« On estime que 15 % de la population algérienne a été massacrée par les Français à partir de 1945. Il s'agit d'un génocide », Recep Tayyip Erdogan.
Le texte de loi qui pénalisant le génocide arménien (de 1915) a eu l'effet d'une bombe du côté du Bosphore, le premier ministre turc profite l'occasion pour faire un (ra)ppel historique aux français, qui faisant croire au monde que l'histoire « génocidaire » leur présentent quelque chose d'humanité, en oubliant au même temps leur passé colonial en Afrique et en particulier en Algérie. L'homme des « Ottomans » a ajouté que les Algériens ont été brûlés collectivement dans des fours et ils ont été martyrisés sans pitié...
Dans sa diatribe contre Paris, le Premier ministre turc s'en est pris à Sarkozy dont il accuse le père d'avoir servi et sévi en Algérie. «Si le président français M. Sarkozy ne sait pas qu'il y a eu un génocide, il peut demander à son père Pal Sarkozy (...) qui a été légionnaire en Algérie dans les années 1940. Je suis sûr qu'il (Pal Sarkozy) a beaucoup de choses à dire à son fils sur les massacres commis par les Français en Algérie», assène sèchement Erdogan. Le responsable turc, entré en «éruption», a accusé son homologue français d'avoir «commencé à chercher des gains électoraux en utilisant la haine des musulmans et du Turc» dans une allusion à la prochaine présidentielle. «Ce vote, qui a eu lieu en France, une France où vivent cinq millions de musulmans, a clairement montré à quel point le racisme, la discrimination et l'islamophobie ont atteint des dimensions dangereuses en France et en Europe», pointe le Premier ministre turc.
La guerre des mots entre Paris et Ankara se déplace sur le terrain algérien et fait remonter à la surface l'exigence de repentance, ou du moins la reconnaissance officielle par la France de ses crimes commis en Algérie. Vendredi, le porte-parole du FLN, Kassa Aïssa, a estimé que le Premier ministre turc n'a fait qu'exprimer "une exigence historique" de l'Algérie. Dans une déclaration à l'AFP, le porte-parole du FLN a rappelé que son parti "n'a jamais cessé de réclamer la reconnaissance par la France de ses crimes commis durant la colonisation". Pour lui, "la France a reconnu le génocide arménien. Pourquoi n'en fait-elle pas autant pour le génocide algérien ?" s'est demandé Kassa Aïssa. Officiellement, Paris ne veut pas parler de repentance s'agissant de son passé colonial en Algérie, même si le président Sarkozy avait consenti à lâcher que "le système colonial était injuste par sa nature" lors de sa visite à Alger en 2007. Mais il avait refusé toute idée de repentance.
Ses chefs de diplomatie successifs se sont montrés plus irrités en abordant la question avec leurs homologues algériens. Si Alain Juppé avait appelé à "ne pas ressasser indéfiniment" le passé colonial, son prédécesseur, Bernard Kouchner avait, quant lui, estimé que tant que la génération de Novembre était au pouvoir en Algérie, les relations entre les deux pays ne seraient pas normalisées.
Quelles exactions devraient donc figurer en objet du « code pénal historique » ? Jusqu'à quelle période faudrait-il remonter pour établir le catalogue des atrocités dont la contestation de la réalité serait pénalement punissable ? La démarche est, à tous points de vue, des plus incertaines. La controverse franco-turque est, indubitablement, déterminée par des considérations électoralistes à quelques mois d'élections présidentielles dans un contexte où les populismes - cette affaire en est une illustration - s'affirment dangereusement.
A Paris comme ailleurs, par temps de crise, de montées des tensions sociales et de la misère, la politisation de l'Histoire fait partie de l'arsenal habituel des diversions démagogiques. Mais en dénonçant ouvertement un « génocide » français en Algérie, Erdogan pose une question aux Algériens. Doivent-ils continuer à rester « contraints » dans l'expression sur les questions de l'Histoire ? Doivent-ils reprendre le propos d'Erdogan, voire surenchérir ? Le législateur français, en s'autorisant à légiférer sur la « vérité historique », a sans doute ouvert la boîte de Pandore !
Source (Presse Algérienne: El Watan, Liberté, Le quotidien d'Algérie)
IMAGE (Des paysans abattus dans les Aurès durant la Guerre d'Algérie)
16:54 Publié dans Monde arabe | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : savoir |
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19/12/2011
"Peuple élu" ...le concept unique qui sépare les Juifs du reste de l'humanité!
"Le tribalisme dans le Judaïsme "ne peut jamais vivre en harmonie avec l'humanisme et l'universalisme". Gilad Atzmon.
Un autre livre qui "picore" ardemment des graines sur lesquelles l'état d'Israël s'était basé, en répondant à des questions intéressantes sur l'identité et l'"affiliation" juives et sa relation avec la citoyenneté moderne.
C'est "The wandering who", de l'écrivain Gilad Atzmon qui fait une plongée saisissante dans le fonctionnement de l'organisation créée par le mouvement sioniste ; il dévoile ce qui se cache derrière son apparente courtoisie, son apparente amitié pour les USA et la sollicitude qu'il manifeste aux puissances occidentales -l'Angleterre, le Canada, l'Australie, la France et l'Allemagne- à savoir un assassin prêt à tuer tous ceux s'opposent à ses objectifs tribaux. En février dernier, Atzmon a dit que l'Islam et le Judaïsme étaient deux systèmes de croyances à orientation tribale dont le but n'était pas le "développement personnel" mais bien plutôt "la survie de la famille au sens large". Ces systèmes de croyances n'ont rien à voir avec les libertés ou les droits individuels ; Ils ont pour but d'assurer le maintien de leurs "modes de vie" respectifs. Mais à la différence du tribalisme islamique, le tribalisme dans le Judaïsme "ne peut jamais vivre en harmonie avec l'humanisme et l'universalisme". "Les deux systèmes religieux fournissent des réponses pour tout ce qui concerne la spiritualité, la vie civile, la culture et la vie quotidienne." De sorte que ".... l'Islam et le Judaïsme sont plus qu'une simple religion : ils véhiculent tout un 'mode de vie' et prétendent apporter des solutions exhaustives aux problèmes existentiels...."
08:47 Publié dans Etudes | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : savoir |
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18/12/2011
"Jihad" ...exprime le fait de pratiquer un effort spirituel, et jamais de combattre.
Cette fois-ci nous sommes devant un docteur en Histoire des religions et spécialiste des monothéismes abrahamiques. C'est Michel Dousse, qui vient de répondre, ici, à des questions sur la Bible et le Coran, deux textes sacrés plus proches qu'on ne le pense.
Ce chercheur voit probablement avec un œil critique bien argumenté loin de la subjectivité, qui pousse certains vers l'obscurantisme et l'ignorance. A travers des questions simples et précises, il montre la spiritualité des religions notamment de l'Islam qui occupe actuellement une place très large dans les discussions qui s'intéressent à l'influence de cette religion monothéiste sur les esprits des occidentaux!
(Le Coran prétend que les fils d'Israël ont falsifié la révélation et en propose quelques exemples. Mais précisément cela peut fort bien se rapporter à des termes qui n'avaient pas la même acception dans les deux langues. Par ailleurs, dans l'Evangile, Jean-Baptiste puis Jésus reprochent aux juifs d'avoir remplacé les commandements de Dieu par les traditions des hommes. Pour le Coran, chaque Envoyé majeur, chaque grand Prophète commence par lever les interdits que les hommes avaient imposés dans la religion, parce que pour le Coran, la nature issue du Créateur ne saurait être mauvaise et demande à être respectée avec reconnaissance comme signe de Lui.) Michel Dousse.
Pourquoi l'Islam et le christianisme se sont-ils tant fait la guerre s'ils ont tant de racines communes ?
Michel Dousse : Si l'on considère les trois révélations monothéistes, ce qui les caractérise, c'est leur succession dans le temps, chacune se considérant comme l'ultime. Alors que chacune peut légitimement se considérer comme ultime, mais dans son ordre. Avec le christianisme, Jésus dit venir accomplir les Ecritures, donc réaliser ce qu'annonçait l'Ancien Testament. Le Coran ne prétend ni accomplir, ni commenter les Ecritures antérieures, mais les "ré-originer", les ramener à leur origine.
Jésus a-t-il un rôle dans l'islam, et si oui, lequel ?
Jésus a un grand rôle dans le Coran, plus que dans l'islam. C'est d'ailleurs surtout sa mère qui joue un rôle important. A la différence du christianisme, où toutes les vertus de la mère sont envisagées comme conséquences de la divinité du Fils, en islam, ça n'est pas Marie qui est dite "mère de Jésus", mais Jésus qui est dit "fils de Marie". Le Coran ne connaît pas la Rédemption mais Jésus et sa mère sont présentés comme signes qui surplombent l'Histoire. C'est Jésus qui viendra juger les hommes à la fin des temps, selon la tradition, au minaret qui porte son nom à la mosquée des Omeyyades, à Damas.
Est-ce que la Bible et le Coran accordent la même importance à la notion de transcendance du divin?
La Bible a comme medium de révélation l'Histoire des hommes. Le Dieu unique de la Bible se manifeste dans l'histoire, par l'instrument du peuple qu'il s'est choisi. Le Coran, lui, est focalisé par le Dieu créateur, donc antérieur à l'histoire, et cette situation de créateur le situe dans une transcendance plus métaphysique. Mais simultanément, le créateur est intimement présent à sa créature. Le Coran dit "Il est plus proche à l'homme que sa propre veine jugulaire".
En quels mots le Coran parle-t-il de la Bible ?
Le Coran parle plus des Fils d'Israël que de la Bible. Mais il cite tous les grands témoins monothéistes de la Bible. Il porte d'ailleurs, comme les prophètes bibliques, un regard critique sur ce que les hommes auraient ajouté à la Révélation. Et donc il en propose une critique à partir de l'archétype céleste, la Mère du Livre.
Beaucoup parlent de la violence de l'islam mais n'y a-t-il pas également de la violence dans le christianisme ? Si l'on met à part l'histoire de ces religions, qui a été sans conteste marquée par la violence, quelle est la place de la violence dans les textes sacrés ? Qu'en disent-ils ?
En un sens, on peut dire que la violence est inséparable du monothéisme, au titre même de sa transcendance. La moins violente des trois écritures est l'Evangile, et pourtant les chrétiens ont livré de nombreuses guerres de religion. Il y a beaucoup de violence dans la Bible, mais relativement peu de guerres. Les guerres saintes bibliques n'ont jamais eu lieu, constituent une forme de symbole liturgique de l'Homme qui ne s'appuie que sur la toute puissance de Dieu. L'exemple en est la prise de Jéricho : la procession menée par les prêtres ayant fait sept fois le tour de la ville, les murailles s'en écroulèrent, sans qu'il y ait de morts.
Comment peut-on concilier la Bible et le Coran quand Jésus demande de faire la paix et d'aimer ses ennemis tandis que Mahomet demande a ses fidèles de pratiquer le Jihad et de tuer tous les infideles, c'est-à-dire, tous ceux qui ne sont pas musulmans ?
Le mot "Jihad" exprime le fait de pratiquer un effort spirituel, et jamais de combattre. Il n'a jamais de sens violent dans le Coran. Ce n'est que lors des croisades que, pour répondre à cette forme de guerre sainte, les musulmans ont utilisé avec une signification guerrière ce terme. Par ailleurs, le Coran recommande aux croyants de ne pas garder rancune à l'égard de ceux qui leur ont fait du tort, un peu comme si cela était du temps perdu par rapport au devoir d'adoration. Enfin, le Coran est effectivement violent à travers le verbe "qatala" qui signifie tuer. Alors il dit effectivement "tuez ceux qui veulent vous tuer, éliminez les infidèles et ceux qui créent le désordre". Cette dernière affirmation a été prétexte à de nombreux excès, qui me semblent contredire la visée générale du Coran.
Qu'entendez-vous par "violence"?
Je pense que, par "violence", il faut d'abord entendre tout ce qui va contre la nature. Ainsi la contrainte est une violence. Mais dans le contexte qui nous occupe, la violence est à entendre le plus souvent dans un sens sanguinaire d'élimination de l'autre.
Comment en êtes-vous arrivé à devenir un spécialiste du Coran ? De quelle confession êtes-vous ?
Je suis d'origine catholique, j'ai découvert l'islam au Sahara dans les années 1950, et je pense que découvrir l'islam au désert est une voie privilégiée. J'ai ensuite poursuivi des études d'arabe et de philosophie arabe à Damas et Beyrouth, mais j'ai commencé à vraiment comprendre le Coran que lorsque j'ai décidé de l'apprendre par cœur, afin qu'il soit dans ma mémoire à égalité avec les autres écritures, condition pour un vrai comparatisme.
Quel est, dans une religion comme dans l'autre, la part d'"intolérance" qui découle véritablement des texte sacrés et non des institutions religieuses et des peuples pratiquants?
Je crois qu' à l'origine du monothéisme et de son histoire, il est important de resituer la figure du patriarche commun Abraham. Je n'en retiendrais que deux traits principaux. Le premier, c'est celui de l'hospitalité d'Abraham, qui reçoit trois anges venant lui anoncer la naissance d'Isaac. La Bible puis le Coran décrivent dans le détail cet acte d'hospitalité, qu'il importe de restituer à la tradition du désert. Le nomade doit accueillir celui qui passe près de sa tente, offrir de le restaurer sans lui poser aucune question sur son identité, sa provenance ou sa destination. C'est-à-dire, l'hospitalité, dans ce cas là, n'est pas d'abord bienveillance, elle est risque assumé de l'accueil de l'autre en tant qu'Autre. Par la suite, chaque famille du monothéisme abrahamique a relativement refusé l'altérité enrichissante de l'Autre. Le second fait particulièrement significatif de l'histoire d'Abraham, c'est le moment où il accède à la demande de Sarah, son épouse, de renvoyer Agar et Ismaël. Dès lors, Abraham accepte d'entrer dans une dialectique de la dualité, qui va marquer toute l'histoire du monothéisme, entre le fils de la servante, Ismaël, et le fils de la femme libre, Isaac.
07:41 Publié dans Etudes | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : savoir |
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